WINTER GRIND
« Nous aimons drifter, pas zwifter »
Lorsque la neige recouvre les routes et les paysages, le quotidien change aussi dans le monde du cyclisme. Dans notre rubrique hivernale, des athlètes, entraîneurs et membres du staff expliquent comment leurs tâches évoluent, quels sont les axes de travail et ce qui est le plus important dans la routine hivernale.
Andreas Kugler est entraîneur national de cyclo-cross chez Swiss Cycling et accompagne les athlètes durant la phase la plus intense de leur saison. Entre les entraînements techniques, le choix du matériel et les innombrables week-ends de course en Belgique et aux Pays-Bas, aucune journée ne ressemble vraiment à une autre. Dans cette interview, il explique à quoi ressemble son quotidien d’hiver, pourquoi un camping-car bien chauffé est essentiel et pourquoi les mécaniciens jouent un rôle clé en cyclo-cross.
Quelle est ta journée de travail type en hiver ?
Je suis employé à 30% par Swiss Cycling en tant qu’entraîneur national de cyclo-cross. L’hiver est la saison où notre discipline bat son plein: après le coup d’envoi à la fin de l’été, les courses internationales commencent dès le mois de novembre et durent jusqu’au premier week-end de février avec les Mondiaux à Hulst. Dans cette période, il n’y a pas vraiment de journée de travail type.
En semaine, mon travail est surtout basé sur des tâches administratives et organisationnelles : planification des voyages et des hôtels, coordination du staff, des athlètes, logistique du matériel, processus de sélection ainsi que décompte des coûts. S’y ajoutent des entraînements techniques de cyclo-cross, que nous intégrons en fonction du calendrier.
Dès que les week-ends de course arrivent, le quotidien change complètement : nous sommes souvent en route avant 6h00 du matin et nous ne nous couchons qu’aux alentours de minuit. C’est le jeu quand on enchaîne les meilleures courses de cyclo-cross du monde en Belgique ou aux Pays-Bas. C’est intense, mais c’est précisément ce qui fait le charme de notre sport.
Où passes-tu la plus grande partie de ton hiver ?
Je passe la majeure partie de l’hiver sur le vélo de cyclo-cross, soit pour la reconnaissances des parcours, soit pour des entraînements de cyclo-cross avec nos athlètes. Personnellement, je ne roule pas tant que ça, mais ces moments à vélo font clairement partie des plus beaux aspects de mon travail. Surtout en comparaison avec les nombreuses heures passées sur une chaise de bureau.
En quoi ton travail diffère-t-il entre l’hiver et l’été ?
En cyclo-cross, il ne se passe rien en été ; je m’occupe alors d’autres tâches pour le cadre national U17 ou pour le centre d’entraînement de Suisse orientale.
Quels thèmes sont particulièrement au centre de l’attention en hiver?
L’encadrement en course, la technique dans des conditions difficiles, le choix du matériel, le réglage des pneus de la pression, le choix des trajectoires, la récupération en déplacement et le soutien mental quand ça devient vraiment dur.
Sans quoi ou qui ne te rendrais-tu jamais à une course de cyclo-cross et pourquoi ?
Sans de bons mécaniciens, rien ne marche en cyclo-cross.
Qu’est-ce que tu n’aimes pas en hiver ?
Avoir les pieds mouillés.
Comment fais-tu pour maintenir une bonne ambiance parmi tes athlètes quand une reconnaissance de parcours froide et humide est au programme ?
Il suffit qu’un camping-car bien chaud les attendent ensuite, et le reste va de soi. Nous aimons drifter, pas zwifter.
Que doit-il se passer pour que tu puisses tirer un bilan positif à la fin de l’hiver ?
Je suis satisfait si les athlètes progressent, gagnent en confiance, font des progrès techniques et si nous évoluons en équipe de manière stable, fiable et positive.
Si tu devais décrire ton hiver en trois mots, lesquels choisirais-tu ?
Intense. Boueux. Génial.
