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INTERVIEW DU MOIS

« J’attache beaucoup d’importance au réseautage entre athlètes »

Image: Armin Küstenbruck

Carina Cappellari a mis un terme à sa carrière de Dowhnhill en 2019. Depuis le mois d’octobre, elle occupe le poste de coach nationale pour les disciplines Gravity. Dans cette interview, elle s’exprime sur les opportunités de la scène du pumptrack, des changements concernant le Downhill et dit pourquoi les montagnes suisses peuvent aussi être un désavantage pour préparer la saison.

Tu as un mis un terme à ta carrière active de spécialiste de Downhill en 2019. Désormais, tu es la nouvelle coach nationale Gravity. Est-ce un plan de carrière que tu avais en tête ?

Non, pas du tout. Je me suis un peu retrouvée dans cette position par hasard. Mais j’ai toujours apprécié le fait de transmettre mes connaissances. Je suis donc très reconnaissante de la confiance que m’accorde Swiss Cycling et je me réjouis de travailler avec les athlètes.

 

Outre le Downhill, le VTT Gravity comprend également les disciplines émergentes que sont l’Enduro et le pumptrack. Quelles sont tes tâches concrètes dans ces différentes disciplines ?

Compte tenu des différentes disciplines, mon travail est très diversifié. Je suis officiellement responsable de la sélection des cadres, des rassemblements et de l’encadrement lors des grands événements. Par exemple, je suis en train de planifier les rassemblements des cadres Downhill et Enduro. Comment combiner l’entraînement des deux disciplines ? Quand faut-il séparer l’entraînement des disciplines ? Et à partir de quand est-il pertinent de regrouper les jeunes avec les athlètes plus âgés ? La planification prend en compte toutes ces questions. Je bénéficie aussi du soutien de la Commission technique Gravity, qui m’aide dans les domaines du diagnostic de performance et de la relève.

 

La semaine dernière, la Bernoise Christa von Niederhäusern a été sacrée championne du monde de pumptrack. Quelles opportunités vois-tu pour l’avenir de cette discipline plutôt jeune ?

Il est difficile de dire comment la scène du pumptrack va évoluer. Cela dépend notamment de la manière dont la discipline sera intégrée aux grands événements par l’UCI. Mais les courses sont très faciles à comprendre, leur format est compact et les événements sont intéressants pour les spectateurs. C’est pourquoi je pense que la discipline a beaucoup de potentiel.

Le fait d’avoir plus de courses et de meilleures structures offre une plateforme aux athlètes, qui peuvent se montrer dès leur plus jeune âge.

L’Enduro fait également partie de ton domaine de compétence. Cette discipline est très populaire dans le sport amateur, mais elle est peu connue dans le sport de compétition dans notre pays. Où se situe la Suisse au plus haut niveau international du sport d’élite ?

Chez les femmes, nous avons une athlète qui se mêle régulièrement à la lutte avec les meilleures. Mais chez les hommes, il nous manque encore quelques athlètes. Concernant les Mondiaux de VTT en Valais, nous nous concentrons en premier lieu sur la promotion de la relève. La scène se développe bien en Suisse, grâce notamment aux Swiss Series, où le niveau est très élevé. Le fait d’avoir plus de courses et de meilleures structures offre une plateforme aux athlètes, qui peuvent se montrer dès leur plus jeune âge. Et pour moi, le processus de sélection est plus simple et plus transparent.

 

Comment la scène du Downhill a-t-elle évolué depuis ta retraite ?

C’est difficile à dire. J’ai mis fin à ma carrière durant l’automne avant le Covid. Ensuite, il ne s’est pas passé grand-chose pendant presque deux ans. Mais ce qui me frappe, c’est la densité de performance, surtout dans les catégories de la relève. Avant, il était possible pour les juniors filles de monter sur le podium après avoir chuté. Aujourd’hui, c’est impossible.

Le Downhill a longtemps été considéré comme un sport masculin. Les courses féminines ne sont apparues que plus tard. Comment l’as-tu vécu à l’époque en tant que coureuse ? Y avait-il ou y a-t-il des obstacles pour les femmes ?

Bien sûr, les femmes sont encore sous-représentées. Mais ce n’est pas toujours un désavantage. Chez les femmes, une athlète qui termine avec 20 secondes de retard peut malgré tout figurer dans le top 20. Chez les hommes, ce retard est tout juste suffisant pour entrer dans le top 70. Arriver au sommet est aussi exigeant pour les deux catégories, mais il semble plus rapide chez les femmes. Quand on recherche des sponsors, par exemple, cela fait une grande différence.

 

Que souhaites-tu transmettre à tes athlètes ?

Pour moi, il est important que les athlètes prennent leurs responsabilités et se créent un bon cadre de performance. Cela signifie qu’ils doivent passer autant de temps que possible sur le vélo et chercher à échanger et à se comparer avec les autres. Dans disciplines aussi technique que le Dowhnill ou l’Enduro, il est important de s’entraîner en commun et de se motiver mutuellement. J’attache beaucoup d’importance au réseautage entre les athlètes.

 

Avec ses montagnes, la Suisse dispose d’une infrastructure parfaite pour des disciplines comme le Downhill ou l’Enduro. Comment expliques-tu que la densité des athlètes suisses n’est pas plus forte par rapport aux autres nations ?

Beaucoup de gens disent que la Suisse est idéale pour le Downhill, mais ce n’est pas tout à fait vrai. En montagne, il y a de la neige d’octobre à mai. Autrement dit, nos athlètes ne peuvent pas s’entraîner sur les trails durant la période de préparation la plus importante avant la nouvelle saison, ce qui est un inconvénient. Ainsi, en hiver, ils doivent se contenter de trails normaux ou se rendre dans le sud, ce qui peut être compliqué, en particulier pour les jeunes. Bien sûr, l’entraînement sur des trails normaux est également bon, mais il n’est pas aussi spécifique qu’un parcours de downhill un peu plus grossier. Pour l’été, nous ne nous plaignons bien sûr pas de notre situation. 😉

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